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    MICHELET

  

 
 
 
Cher Visiteur,
 
Vous qui venez de franchir le pont-levis de ce château, sachez que vous êtes entrés dans l’histoire, une histoire très longue qui remonte dans le temps, mouvementée, souvent cruelle, jamais sans intérêt. 
 
 
Vous trouverez ici, pour rendre votre visite plus attractive,ce guide historique vous permettant de mieux comprendre ce que les vieilles pierres ont vécu, notre désir étant qu’elles entrouvrent pour vous leur secret ... 
 
 
Le Château de Montcornet est dans l’Ardenne un des plus importants vestiges de fortification médiévale.Ce véritable « Colisée Féodal », selon le mot de Michelet, fut inscrit en 1926 à  l’inventaire des Monuments Historiques. 
 
 
Dans cette région du Porcien, perché sur le contrefort ardennais,
le Mont-Cornu (Mons cornutus), « éperon barré », était prédestiné à accueillir un ouvrage défensif, compte tenu de la situation particulièrement remarquable pour l’observation de tout mouvement belliqueux ou pacifique destiné à rejoindre ou attaquer cette impressionnante forteresse.
 
 
Vous en jugerez par le paysage incomparable que vous aurez depuis la Tour méridionale sud dominant la vallée et le «Ru des vaches».
 
 
Potence et barbacane - Photo Jean-Louis Desmarez
 
 
LA LÉGENDE
 
L’occupation du site pourrait remonter au néolithique,
quelques bi-faces préhistoriques en attestent cette
présence.
 
L’aménagement de cet éperon en oppidum (camp retranché)
daterait de l’époque gauloise, avec aussi l’installation
d’artisans potiers.
Celui ci prit de l’importance à la fin de l’empire romain et
à l’époque mérovingienne dont on peut voir un exemple
à la base de l’ancien donjon carré (appareil en arêtes de
poissons)
 
A l’époque de CLOVIS aux environs de l’an 500,
l’administrateur de ces terres fut le grand Saint Rémi,
évèque de Reims.
Le site de Montcornet prit une importance particulière
à partir du partage de l’empire carolingien à Verdun en
843.
Les invasions normandes amenèrent leur cortège de destructions
dans cette région du Porcien.
Mais ce fut la guerre des descendants de Charlemagne qui
occasionna le plus de ravages.
L’un d’eux, Lothaire adjoint à sa couronne l’Austrasie et
donna cette province à son fils Dagobert, se réservant la
forêt d’Ardenne pour y chasser . Il y fit construire un château
comme refuge et rendez vous de chasse. Il est probable
que Montcornet date de cette époque. Citons à ce
sujet “l’historien” Lépine pour qui cette probabilité devient
une vérité.
 
Vue depuis le donjon - Photo Antoine Blanquart
 
Pont levis et passerelle à balancier - Photo Jean-Louis Desmarez
 
 
 
 
LA LÉGENDE
 
L’occupation du site pourrait remonter au néolithique, quelques bi-faces préhistoriques en attestent cette présence.
 
L’aménagement de cet éperon en oppidum (camp retranché) daterait de l’époque gauloise, avec aussi l’installation d’artisans potiers.
Celui ci prit de l’importance à la fin de l’empire romain et à l’époque mérovingienne dont on peut voir un exemple à la base de l’ancien donjon carré (appareil en arêtes de poissons).
 
A l’époque de Clovis aux environs de l’an 500, l’administrateur de ces terres fut le grand Saint Rémi, évèque de Reims.
Le site de Montcornet prit une importance particulière à partir du partage de l’empire carolingien à Verdun en 843.
Les invasions normandes amenèrent leur cortège de destructions dans cette région du Porcien.
Mais ce fut la guerre des descendants de Charlemagne qui
occasionna le plus de ravages.
L’un d’eux, Lothaire, adjoint à sa couronne l’Austrasie et donna cette province à son fils Dagobert, se réservant la forêt d’Ardenne pour y chasser . Il y fit construire un château comme refuge et rendez vous de chasse. Il est probable que Montcornet date de cette époque. Citons à ce sujet “l’historien” Lépine pour qui cette probabilité devient une vérité.
 
 

Vue depuis le donjon - Photo Antoine Blanquart
 
 
Pont levis et passerelle à balancier - Photo Jean-Louis Desmarez
 
 
En effet :
 
Les Rois habitaient souvent les palais d’Attigny et Douzy qui étaient leurs villas favorites.
Ils empruntaient un chemin dans la vallée de Thin, pour aller à Montcornet, connu sous le nom de chemin du Roi.
Charles, Louis le Débonnaire et ses successeurs, aimant passionnément la chasse, et partant d’Attigny ou de Douzy,
(centres politiques de leur administration), s’élançaient vers la forêt de l’Ardenne par le « chemin du Roi », où, après avoir traqué le buffle, le chevreuil, l’ours, l’élan, le cerf et le sanglier, ils prenaient du repos dans ces châteaux perchés sur les rochers, celui de Montcornet était l’un de leurs favoris.
 
Il y avait d’immenses souterrains pour y conserver les provisions nécessaires à la « suite » du roi et même il se peut qu’il ait servi de prison d’Etat ou de place de guerre.
Entre 950 et 1050, des agents comtaux ou ministériaux, des aventuriers, profitent de l’affaiblissement de l’Etat pour confisquer les droits et les revenus à leur profit. Mais l’histoire de Montcornet est surtout liée au destin de quelques familles illustres.
 
 
 LA FAMILLE DE MONTCORNET       

 

A la fin du X° siècle, les archevêques de Reims, les comtes de Champagne et le roi de France se livrèrent à un jeu politique complexe pour s’assurer le Porcien face aux visées germaniques.

C’est dans ce contexte qu’une famille de “ministériaux”, les Montcornet, engagèrent dans la région une mise en valeur des terres.
Le premier d’entre eux fut Hugues Ier, seigneur de  Montcornet.(Ce prénom fut d’ailleurs porté par cinq seigneurs successifs).
Hugues, par son mariage avec Béatrice de Reynel issue d’une puissante famille lorraine entra dans la noblesse et propulsé parmi les plus grands seigneurs du royaume.
Guillaume, l’aîné des fils, hérita de la seigneurie en 1105. Son premier frère Nicolas entra dans l’ordre des Templiers de Laon, le second Barthelemy devint Evêque de Beauvais.
 
Sur le plan économique la seigneurie de Montcornet fut attribuée, aux branches aînées et cadettes, lors des partages. Les premiers tiraient leurs revenus de la forêt (droits d’usage), de taxes très importantes sur les ardoisières du bassin de Rimogne et des droits de péage sur la Meuse (Deville). Les seconds les tiraient des revenus agricoles de la vallée de la Sormone.
 
Avec Hugues II (1188-1240), les sires de Montcornet héritèrent des revenus de la branche cadette, rétablissant la rentabilité de la seigneurie, tout en engageant un processus de franchises et libertés commerciales par obtention des droits d’usage dans les bois du Chatelet et de Rimogne ainsi que ceux des écaillères (ardoisières).
 
Du mariage de Hugues avec Yolande découla un nouveau partage:
Ainsi Gilles reçut les terres de Montcornet.
Ses frères Pierre II, Nicolas, Gérard et Hugues se partagèrent Lonny, le Chatelet, Neufmaison et Rimogne.
Sa fille Jeanne II fut mariée à un seigneur voisin Engerrand de Rumigny. Veuve en 1295 et héritière de la moitiée du Porcien (Rumigny, Signy, Montcornet), elle épouse Miles  de Noyers, Bouteiller du Roi, Maréchal de France, et ambassadeur de Philippe le Bel.
Elle fut inhumée dans la chapelle de l’Abbaye Notre Dame de la Consolation des Mazures en 1305.
 
Quant à Jeanne de Noyers, elle fut enterrée dans la Chapelle de Montcornet qu’elle avait fondée en 1303 (cette chapelle se situe à 200 mètres en contre bas du château).

 

Chapelle de Montcornet - Photo Jean-Louis Desmarez
 
Donjon - Photo Jean-Louis Desmarez
 
 
 
LA GUERRE DE CENT ANS
 
Durant la guerre de Cent Ans, les Noyers, plusieurs fois prisonniers des Anglais, durent payer de lourdes rançons qui ruinèrent leur seigneurie.
Lorsque Jean I° (1412), chambellan de Bourgogne légua Montcornet à sa soeur Isabelle, veuve de Dreux de Mello, la  terre et le château étaient en piteux état !
 
La population, décimée par la peste, ne trouvait plus de subsistance dans les viviers abandonnés. Les moulins de Montcornet, de Sécheval et de Renwez étaient détruits. Charles de Noyers-Mello vendit Montcornet à Antoine de Croÿ, habile seigneur, louvoyant entre Français, Anglais et Bourguignons qui l’acheta en 1446.
  
SPLENDEURS DE MONTCORNET SOUS LES CROY
 
Après tant d’épreuves s’ouvrit pour Montcornet l’ère de la splendeur avec Antoine Ier, Chevalier de la Toison d’Or, Grand Chambellan de Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, chargé par lui de la garde de la frontière du Duché  avec la France et avec l’appui des places fortes de St Omer, Ath, Maubeuge et Montcornet.
 
Le château fut ainsi transformé en cette véritable forteresse que vous visitez.
 
Des travaux gigantesques furent entrepris :
on rechemise la Tour Donjon,
et la Tour du Seigneur, on aménage
les casemates pour recevoir les
bouches à feu et on édifie un pont
levis à balancier, on construit la chapelle
et des chambres à l’étage autour
de la cour haute.
Salle d’eau, cuisine et four à pain,
furent aménagés, à côté de la Salle
d’Armes dans laquelle s’ouvre une
porte cavalière vers la salle du Seigneur
avec son immense cheminée,
ses latrines (ancien accès au souterrain
extérieur).

Casemate - Photo Jean-Louis Desmarez

 
 
 
Blasons des propriétaires successifs de Montcornet
 
 
 
 
Montcornet devint une des grandes places politiques et culturelles de l’Ardenne:
Ainsi la garde du château était parfois assurée par les bourgeois de Revin.
Le ravitaillement se faisait à partir des exploitations agricoles de la Motte, de la cense de la Bergerie remise en état par Antoine de Croy (existante toujours à 1km environ au sud ouest) et des viviers d’Arcy et de Lonny.
 
Antoine s’assura l’appui de plusieurs « Maisons fortes » situées dans la région tenues par ses principaux lieutenants, Montcornet était assistée de onze Maisons fortes. Les revenus fonciers de la  seigneurie étaient médiocres et la part versée par les paysans modestes.
 
Par contre, le seigneur de Montcornet adapta sa gestion aux transformations de l’économie et aux échanges, avec des droits de franchise concédés à la Bourgeoisie. Une part importante des revenus était constituée par les taxes sur le commerce et le transport des vins, droit d’étal et de halle versés par les commerçants, moulins à draps et à céréales concédés à des particuliers.
 
Mais la plus grande partie des revenus était constituée par les amendes et droits de justice ainsi que les pensions d’officiers de la cour du Duc de Bourgogne ...et du Roi de France, permettant à Antoine de financer des énormes travaux.
 
C’est lui qui fit ériger la potence devant le château, signe du droit de haute et basse justice.
 
 
Potence - Photo Jean-Louis Desmarez
 
Tour de la Chapelle - Photo Bernard Lussigny
 
 
 
Antoine Ier, profitant de sa position frontalière, s’efforça de tailler une principauté indépendante en jouant de la rivalité de la France et de la Bourgogne, passant d’une puissance à l’autre.
 
Ainsi, accusé de trahison par le Duc Charles le Téméraire, selon les évènements et les opportunités, il dut se réfugier à la cour de Charles VII puis de Louis XI dont il fut maître de sa Maison et pour lequel il eut l’insigne honneur de porter la Sainte Ampoule lors du Sacre à Reims.
 
C’est alors que des officiers royaux voulurent lui faire payer des droits (taxes) pour l’acquisition de Montcornet en 1446.

Ces démêlés le ramenèrent en 1473 auprès de Charles le Téméraire.

Son fils Philippe épousa Jeanne de Luxembourg et poursuivit la même politique. Devenu Chambellan de Maximilien d’Autriche à la mort de Charles, il se rapprocha des Français en 1478, ce qui lui permit d’agrandir ses possessions de Château

Porcien, Bar sur Aube, Fumay, Revin, Beaumont et Avesnes sur Helpe.
Philippe II de Croÿ fut à la fois Chambellan de François Ier (qui coucha au château vers 1514) et Gouverneur du Hainaut vers 1520, avec l’attribution de la Toison d’Or pour le compte de Charles Quint; qui l’avait chargé d’organiser la défense des frontières méridionales des Pays Bas, consacrant peut être l’immense fortune dont il hérita en 1521 à renforcer les fortifications de sa forteresse ...
 
 
 
 
DESASTRE DES GUERRES DE RELIGION ET RUINE DE MONTCORNET

 

Antoine II de Croÿ exploita le principe d’identité religieuse du Prince et de ses sujets pour tenter de conquérir une indépendance depuis longtemps désirée dans sa famille.
 

En 1561, il se convertit au calvinisme, chassa tous les prêtres et religieux catholiques et, général des calvinistes, il fit beaucoup de mal au pays. Il créa en 1566 trois villages : Bourg Fidèle, Charlebourg et Arches-Bruyère, pour accueillir les adeptes de

cette religion chassés de France et de l’Empire.
Montcornet rassemblait alors des seigneurs réformés, tels les de
la Marck, Princes de Sedan, servant de base d’opération contre les catholiques.
Ceux-ci se vengèrent en faisant exploser la Tour Carrée (17)
bourrée de munitions.
Ces vestiges sont encore visibles à l’est du château.
Mais la mort prématurée d’Antoine II mit fin à cette entreprise
et ouvre la période de déclin de la Seigneurie.
 
Sa veuve Catherine de Clèves s’étant mariée à Henri de Guise,
a terre de Montcornet revint à Philippe III, Prince de Chimay,
fils de Philippe II de Croy qui entreprit le repeuplement
des terres en sujets catholiques et créa pour eux quatre villes :
Aarschot, Croy-ville, Hougréaux et Hyraumont.
Un début d’industrialisation fut entrepris avec la création des
forges Deville et Fray près des Mazures.
Mais les difficultés financières, conjointes au décès de Philippe III (1585)
ne furent pas résolues par son fils Charles de Croy, 
Prince de Chimay et du Porcien, dernier Seigneur du nom de Croy qui décèdera en 1612.
La baronnie de Montcornet fut saisie, à titre de créances, et
adjugée en 1613 Charles de Gonzague moyennant
100 000 livres.
Charles était Duc de Nevers et de Rethel, Duc de Mantoue,
Prince d’Arches et du Porcien qu’il avait acquis en 1608.
Rappelons qu’il fut le créateur de Charleville, ville dotée de la
splendide Place Ducale conçue par l’architecte Clément Métezeau
(frère du concepteur de la place des Vosges à Paris).
Montcornet fut érigé sous sa possession en marquisat.
A sa mort à Mantoue en 1637, son fils Charles de Gonzague II,
né en 1629, devint Baron de Montcornet sous la tutelle de sa 
mère. Il décède en 1652. Son fils   Ferdinand – Charles de Gonzague III
vendit le Marquisat en 1674 à Armand Charles de
la Porte de la Meilleraie, époux d’Hortense Mancini, nièce de
Mazarin, qui l’avait doté de 2 millions or, grâce à quoi il devint
Marquis de Montcornet et propriétaire de  25 000 hectares.
Mais ayant contracté d’immenses dettes, le Duc, malgré sa fortune,
abandonne à ses créanciers les revenus de ses domaines et
Montcornet qui tomba aux mains du duc D’Aiguillon, ministre
de Louis XVI.
En « digne » petit neveu de Richelieu, il démantela le château
vers 1760, d’où l’état actuel de nos ruines ...
La fille de l’un des derniers descendants, Innocente - Louise
Aglaë Dupleessis - Richelieu, Duchesse d’Aiguillon, épousa
Jacques Guigues de Moreton, Marquis de Chabrillan, hérita
des domaines.
L’histoire de Montcornet pourrait finir tristement au XIXème siècle
avec la descendance des Chabrillan qui n’eut plus à contempler
que des ruines envahies progressivement par les ronces et
en proie aux déprédations inévitables, si l’acquisition en 1960
par le président de notre Association Monsieur l’Abbé Bernard
Lussigny, nouveau « Marquis de Montcornet », n’était venu
redonner un espoir de vie à ces célèbres ruines en réunissant
avec dynamisme autour de lui une équipe de jeunes motivés,
du Nord et de l’Ardenne.
Après une nuit de deux siècles, tombée sur le château hanté par

l’Histoire, ce fut une nouvelle page que      l’on tourna pour lui...

 
La basse cour vers 1960 - Photo Anonyme
 
Le château vu depuis la forêt - Gravure de A de Montigny - XVII°
 
 
 
UNE ARCHITECTURE SURPRENANTE
 

Il serait illusoire de décrire ce que fût le château avant le XIIème
siècle. L’existence de la famille Montcornet (ayant pris le nom
du site) permet d’envisager la construction d’un château en
pierre, constituant la résidence proprement dite de cette seigneurie
avec salle d’apparat, cuisine, cellier, salle d’eau, latrines,
chambre du Seigneur et trois ou quatre chambres des Dames...
Il n’est pas exclu que ce domaine, passant du XIIIème siècle aux
mains du grand personnage que fut Miles de Noyers, maréchal
de France en 1303, ait subi des remises à jour de la vieille forteresse 
alors que s’annonçaient les périodes troublées de la guerre
de Cent Ans.
Lorsqu’en 1446, Antoine de Croy acheta Montcornet aux Noyers,
il y trouva un édifice très hétérogène, ayant subi de gros
dégats provoqués par la guerre de Cent Ans et le conflit centenaire
des Armagnacs et Bourguignons, sans oublier les Ecorcheurs
(les Grandes Compagnies).
Dans son état actuel, le château de Montcornet traduit la transformation
gigantesque effectuée par la famille des Croÿ.
Cette mutation s’explique par la modernisation des dispositifs
d’attaque et de défense avec l’arme nouvelle qui constitue 
l’Artillerie et l’utilisation de la poudre.
Dès lors, l’adaptation consista à rechemiser les murs destinés
à résister aux boulets en fer et à aménager les archères permettant
l’installation des moyens de répliques (voir les boulets et
pièces d’artillerie dans la salle d’exposition). Rappelons ici que
les murs atteignent au sol une épaisseur de plus de 5 mètres ....

Les modifications touchent les trois parties principales:
La masse centrale (1° Donjon ?) la basse cour et la barbacane

(XVIème siècle)

 
 
 La barbacane - Gravure de A de Montigny - XVII°
 
 
 La basse cour - Gravure de A de Montigny - XVII° (à gauche la tour à “orillons”)
 
 
Antoine de Croÿ porta tout d’abord ses efforts sur la Masse
Centrale (voir plan) par les renforts des structures antérieures
se traduisant par cette imposante masse de pierre de 50 mètres par 
46 mètres avec trois énormes tours qui la ceinturent, l’ouvrage atteignant
20 mètres de hauteur. Très spectaculaires également sont les
chemins de ronde intérieurs à la base des murailles orientales
desservant les meurtrières logées au fond des casemates, avec
ébrasement et évasements pratiqués pour couvrir un plan de
feu sans angles mort.
 
Le couloir central, protégé à son entrée par un pont-levis à balancier
très ingénieux (7), est commandé à partir de la salle basse
inaccessible de l’extérieur. Une passerelle amovible pour piétons
a été aménagée sur le coté gauche.
Ce couloir était prix en enfilade par des meurtrières judicieusement
placées ne laissant aucune chance aux assaillants (qualité
du plan de feu).
 
La campagne de travaux couvrit également l’aménagement de
la Basse Cour au fond de laquelle se situait déjà une Tour-Donjon
(14) d’environ 8 mètres de diamètre, servant déjà de défense
autonome et, possédant une citerne de 11 mètres de profondeur,
une « glacière » assimilée quelquefois à un « cul de basse fosse »
et, une salle à l’étage d’où l’on jouit d’une vue magnifique sur
la vallée.
Une fosse et une passerelle commandée de l’intérieur en contrôle
l’accés.
Le renforcement de cette tour consista en un rechemisage de
pierres portant le diamètre à 17 mètres.
Si on revient au centre de la Basse-Cour côté Est (14) on remarque
une Tour à “Orillons”, présentant une architecture
tout à fait remarquable, de forme ovale applatie (13) en vue de
l’extérieur qui comporte deux réserves à poudre et au sous-sol
une belle salle abritant aujourd’hui la quantité d’objets trouvés
par notre équipe lors des déblaiements.
 
Les activités de remaniements gigantesques se poursuivirent
au XVIème siècle par l’aménagement d’un pont-levis classique et
d’une Barbacane (3), ouvrage avancé destiné à protéger l’entrée
de la forteresse.
Elle se compose d’un espace rectangulaire appuyé sur la masse
centrale et la Tour d’ “Amboise” (9).
L’entrée de cet ouvrage est pratiquée dans une Tour rectangulaire
imposante, protégée par le pont-levis à contre-poids enjambant
le fossé profond (2). Le piège était mortel pour l’assaillant
qui s’y serait aventuré, exposé particulièrement aux tirs provenant
de la forteresse centrale.
Le sous-sol comprend principalement une grande salle, dite des
canonniers munie de meurtrières battant les fossés de leurs tirs
au ras des douves (abreuvoir).
A la partie supérieure, un chemin de ronde vient parfaire le
dispositif de surveillance de l’approche  ennemie. 
   
LE RENOUVEAU
 
Notre Association, créée initialement avec les membres d’une
équipe de la région de Maubeuge aidée par de jeunes ardennais,
séduite par la beauté sauvage et la grandeur des lieux, motivée 
par la découverte et une réhabilitation dont il était difficile alors
de définir l’importance tant la tâche était immense, oeuvra pour
faire revivre avec cette « forteresse aux marches du royaume » .
La nature ayant repris ses droits, envahissait l’ensemble de
l’ouvrage, les ronces et les lierres recouvraient les tours, barrant
souvent tout accès.
Les travaux de déblaiement, menés avec peu de moyens furent
immenses.
Des travaux de consolidation essentiels furent entrepris dans les
parties vitales, les salles et souterrains vidés des remblais accumulés
par le temps, l’éclairage intérieur fut monté et les objets
trouvés dans les déblais furent installés dans la salle d’exposition
que vous pouvez admirer aujourd’hui. Le château put enfin être
ouvert au public.
 
 
Salle dʼarmes - Photo Jean-Louis Desmarez
 
 
Notre Association depuis sa création s’est étendue à d’autres
membres, mais la tache reste immense et notre souhait est que
des lecteurs de ce bref historique inspirés par la magie des lieux
nous rejoignent.
L’histoire a besoin qu’on la perpétue. Alors on vous attend !
 
 
Nous tenons à marquer notre reconnaissance aux PREFETS
DES ARDENNES, au CONSEIL GENERAL, aux SAPEURS
du 3° GENIE , aux PONTS ET CHAUSSEES et EAUX et
FORETS de Renwez, à Monsieur le MAIRE de MONTCORNET,
et à tous les AMIS qui, depuis plus de quarante ans nous
aident à remettre en valeur ce Haut Lieu de l’ARDENNE.
 
                        G. TOMBAL
 

pour l’Association des Amis du Château de Montcornet en Ardenne

 
 
 
PLAN DU CHATEAU
 
NB: les numeros ne correspondent pas à ceux de la feuille de visite.
 
 
 
Bibliographie
Alain Salamagne: Revue Historique Ardennaise, t XXVII (1992)
Jean Heuclin, Textes Inédits
Pascal Sabourin: Thèse de Maîtrise d’Histoire
J.B Lépine, Monographie (1862)
 
 
 
Association des Amis du Château de Montcornet en Ardenne
08090 Montcornet en Ardenne
Tél: 03 24 54 93 48
 

mise en page: Antoine Blanquart

 
 
 
 
 

 

 

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